On accroche des pochettes d'album au mur parce qu'elles ont été dessinées pour être regardées. Ça n'a rien d'un hasard.
Le vinyle imposait trente centimètres
Une pochette de 33 tours mesure 31,4 cm de côté. À cette taille, on ne bricole pas : les labels ont fait appel à des graphistes, des photographes et des illustrateurs. Le disque s'achetait en magasin, la pochette était l'argument de vente, et c'est ce qui a produit les images qu'on reconnaît aujourd'hui sans lire le nom.
Une école graphique par genre
Chez Blue Note, dans les années 1950, Reid Miles associe la photographie de Francis Wolff à une typographie décalée et fonde un style copié depuis dans tous les genres. Le metal préfère l'illustration commandée album par album. La chanson française s'en tient au portrait noir et blanc. Le rap oscille entre le portrait de rue et la direction artistique la plus travaillée du disque.
Le CD a rétréci, le streaming a rétréci encore
Douze centimètres pour un boîtier CD, puis quelques centaines de pixels sur un écran. La pochette a survécu, mais on a cessé de la voir : elle est devenue une vignette qu'on fait défiler.
L'affiche lui rend sa taille
C'est tout l'objet d'un tableau d'album : redonner à une image conçue pour être grande la place qu'elle a perdue. Les détails d'une pochette de Pink Floyd ou d'une illustration de metal ne se voient qu'à partir d'une certaine taille. En dessous, ils existent sans être vus.
Et la tracklist
Nos affiches impriment la liste des titres sous la pochette. C'est ce que faisait le dos d'un vinyle, et c'est ce qui distingue une affiche d'album d'une simple reproduction : elle dit quel disque c'est, pas seulement à quoi il ressemble.